J’en suis, au moment où j’écris ces lignes, à mes derniers jours de road trip aux États-Unis et au Canada. Un beau périple de 150 jours à traverser les contrées humides de la Floride et de la Louisiane, à explorer par les paysages désertiques dignes de décors de films du Sud-ouest américain, pour enfin remonter côté pacifique le long de la fameuse Route 1, de la Californie à la Colombie-Britannique.

Et contrairement à l’idée préconçue que je m’étais faite en parcourant Pinterest des heures durant, l’aventure fut en fin de compte assez différente de ce que je m’étais imaginé. Et voilà pourquoi, en quelques réflexions.

Le fort contraste entre le paraître et le vivre : l’herbe est toujours plus verte chez le voisin

On ne se le cachera pas, mon grand rêve de partir en road trip qui a germé en moi depuis les huit dernières années, m’a été inspiré par Pinterest. Eh oui, je me suis laissée impressionner par ces belles photos de filles sur la plage, leur campeur Westfalia en arrière-plan. Je me suis construit un plan infaillible dans la tête, alimentant une idée après l’autre, et en me disant que je savais exactement ce que j’allais faire.

Crédit photo: @cleocohen
Crédit photo : @cleocohen

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Ce qu’on voit sur Pinterest, Instagram ou encore ce que les influenceurs des domaines du plein-air, du voyage et du sport extrême nous font miroiter n’est nul autre que du rêve. Je fais maintenant le parallèle entre les Youtubeuses beauté qui sont affiliées à des marques pour en faire la pub et les accros du voyage qui étalent leur passion à grands coups de photo mise en scène.

Crédit photo: Laura Lee Moreau
Crédit photo : Laura Lee Moreau | Lieu : White Sands National Monument, Nouveau-Mexique

Où je veux en venir, c’est que, tous domaines confondus, il ne faut pas se comparer et regarder ce que le voisin fait. Il n’en résultera que de l’envie et des sentiments négatifs. Personnellement, ça fait longtemps que j’ai eu cette prise de conscience, mais je réalise que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Restez zen !

Ce que je changerais ?

Rien ! C’est grâce à toutes les photos parfaites de ces influenceurs que j’ai eu envie de partir faire le tour de l’Amérique ! Par contre, il faut savoir tracer la ligne entre le faire paraître, les mises en scène, et l’expérience réelle.

Les limites de la planification : le lâcher-prise est une vertu

Force est d’admettre qu’on a beau planifier, calculer, préparer et appréhender, un voyage de ce genre sera forcément rempli de surprises… Et c’est parfait comme ça ! Parlez-en au fondateur de Pige Québec, Alexandre Comtois, qui a fait le même saut et est parti avec sa copine.

Un accident est si vite arrivé... Face première sur l'asphalte, à 20km/h. Heureusement, ni sa mâchoire, ni ses dents ni son nez ne se sont fracturés!
Crédit photo : Laura Lee Moreau | Lieu : Austin, Texas Un accident est si vite arrivé… Face première sur l’asphalte, à 20 km/h. Heureusement, ni sa mâchoire, ni ses dents, ni son nez ne se sont fracturés !

Une crevaison par-ci, une embûche par-là, et même un accident grave (photo ci-haut), les mésaventures fortuites seront du voyage, on ne peut les éviter. Le seul conseil que je puisse donner serait le suivant : Lâchez prise, et admirez ce que vous être en train de réaliser.

Crédit photo: Martin Amiot | Lieu: Barrage de Détroit sur la rivière North Santiam, Oregon
Crédit photo : Martin Amiot | Lieu : Barrage de Détroit sur la rivière North Santiam, Oregon

Ce que je changerais ?

Rien ! Ces obstacles sont ce qui rend une telle épopée inoubliable. Si tout avait été comme sur des roulettes, je ne prendrais pas du temps aujourd’hui pour vous parler de mon expérience. 😉

Les circonstances d’un départ peuvent influencer le voyage : se laisser une petite chance !

Pour être tout à fait honnêtes, nous sommes partis pour ce long voyage de 5 mois dans des circonstances très précaires.

Mon amoureux venait de sortir de la pire phase d’une grosse dépression majeure/burnout avec de fortes crises de panique (qui a commencé le 16 mai 2016.) Et moi, j’en avais par-dessus la tête avec le travail, que je devais prendre en bouchées doubles afin de subvenir aux besoins familiaux. Bref, le moment était-il finalement mal choisi ? Oserais-je dire ça, malgré la magnifique expérience que nous avons eu la chance de vivre ? Non, je n’irais pas jusque là…

Crédit photo: Pier-Philippe Chevigny, @ppchevigny | Lieu: Jones Lake, Colombie-Britanique
Crédit photo : Pier-Philippe Chevigny, @ppchevigny | Lieu : Jones Lake, Colombie-Britannique En tournage pour une capsule web belairdirect. Voir à la fin de l’article pour le lien vers la vidéo.

Quoi qu’il en soit, j’ai réalisé assez tôt que mon plan (hey, je vous avais dit que les plans n’allaient pas tenir la route) de travailler durant le voyage n’était pas une si bonne idée. Ce fut un réel défi de combiner les heures de route avec la réalité du nomade digital ! Étant designer web à mon compte, les deux éléments essentiels à mon exercice sont l’accès à internet et l’alimentation électrique pour mon ordinateur. Pas de bol, notre installation de fortune ne s’est pas avérée suffisante. J’en parle au dernier point ci-bas !

Crédit photo: Martin Amiot | Lieu: Halfmoon bar, La Nouvelle-Orléans, Lousiane Trop concentrée devant l'ordi pour un vendredi soir à La Nouvelle-Orléans...
Crédit photo : Martin Amiot | Lieu : Half Moon bar, La Nouvelle-Orléans, Lousiane
Trop concentrée devant l’ordi, pour un vendredi soir à La Nouvelle-Orléans…

La combinaison entre l’état fragile de ma douce moitié et le travail à temps plein pour moi s’est révélée extrêmement ardue. Nous avons bien failli rebrousser chemin suite à l’accident de vélo de Martin ! Sans compter la culpabilité qui me rongeait de devoir passer des heures devant l’ordinateur et le laisser à lui-même pour explorer…

Crédit photo: Laura Lee Moreau | Lieu: Lava Tube Cave, Mojave National Preserve, Californie
Crédit photo : Laura Lee Moreau | Lieu : Lava Tube Cave, Mojave National Preserve, Californie

Ce que je changerais ?

Je dois avouer que le travail à raison de 30 à 40 heures par semaine, additionné à la maladie de mon chéri était de trop. Pour une prochaine fois, j’arrangerais mon horaire autrement, et j’installerais un panneau solaire sur le toit du campeur, question d’avoir de l’électricité. Et dans un monde idéal, partir avec la tête légère est la meilleure des idées !

L’aménagement intérieur de son campeur est primordial : tester et peaufiner les installations 

Crédit photo: Laura Lee Moreau | Lieu: Motel Sweet Dreams, Broadview, Saskatchewan
Crédit photo : Laura Lee Moreau | Lieu : Motel Sweet Dreams, Broadview, Saskatchewan

Enfin, nous avons fait la gaffe du débutant de ne pas tester notre aménagement avant de partir. Eh non, nous ne sommes pas partis quelques week-ends en camping, histoire d’expérimenter la vie en van ! haha.

Crédit photo: Laura Lee Moreau | Lieu: Joshua Tree Park, Californie
Crédit photo : Laura Lee Moreau | Lieu : Joshua Tree Park, Californie

Je ne dirais pas que c’était une erreur, mais le fait de tester la batterie externe m’aurait permis de réaliser qu’une charge était vite épuisée. Nous aurions pris conscience qu’on avait préparé beaucoup trop de vêtements et d’objets inutiles. Enfin, qu’un panneau solaire aurait été un luxe qu’on aurait eu avantage à s’offrir !

Ce que je changerais ?

Nonobstant les petits ajustements que j’aurais apportés si j’avais testé mes installations, je n’aurais rien changé. Nous voulions partir dans un véhicule aménagé nous-mêmes plutôt que d’acheter un campeur plus gros et voyant, et nous ne regrettons pas ce choix. Notre chère Holy Van nous a permise de partir rapidement, à un faible coût d’achat.


Épilogue

Mon plus grand rêve s’est finalement concrétisé, et je demeurerai éternellement reconnaissante à la vie de m’avoir donné le cran de le mener à terme (et à mon chum de m’avoir suivi dans mes idées folles !)

Mon deuxième grand rêve est de suivre le plus possible un mode de vie nomade, avec ses avantages et ses inconvénients. Outre l’immense défi que s’est avéré le travail en déplacements constants, j’arrive depuis quelques années à voyager 5 à 6 mois par année, et à me poser quelques semaines à la fois pour travailler. J’aime bien cette alliance d’exploration de nouveaux pays et de travailler en voyageant.

Je terminerai sur les mots suivants : tout est possible, pour peu qu’on prenne son courage à deux mains et qu’on se lance dans le vide. Qui ne tente rien n’a rien. 😉

Et pour continuer sur cette note d’auto-analyse, je vous invite à aller lire ce court texte où je parle plus longuement des circonstances entourant notre départ en voyage, et découvrir la vidéo dans laquelle nous avons joué aux stars.

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Laura Lee Moreau
Je suis d'une lignée de designer graphique qu’on appelle 360°, spécialisée en design web, design d'interface et eCommerce, qui design d’abord et avant tout pour l’humain. Je suis avide de communication, de relations interpersonnelles et de nomadisme numérique. Et je dirige le Studio de création ge-o-de!